Ralentissement marqué dans les services, reprise timide dans l’industrie
Les dernières données préliminaires de l’indice PMI Composite S&P Global pour avril révèlent un essoufflement de la dynamique économique américaine. L’indice global s’est replié à 51,2, contre 53,5 en mars. Toujours au-dessus de la barre des 50 points — synonyme d’expansion — ce chiffre traduit une progression plus lente de l’activité, tirée vers le bas par la baisse de régime du secteur des services.
Le détail sectoriel met en lumière deux tendances opposées : le PMI manufacturier gagne légèrement du terrain, passant de 50,2 à 50,7, tandis que le PMI des services recule nettement de 54,4 à 51,4. Une configuration qui souligne une modération de la demande dans l’un des piliers de l’économie américaine.
Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, commente cette publication en soulignant une chute de l’optimisme des entreprises, couplée à une hausse des pressions inflationnistes. Des éléments qui compliquent davantage la tâche d’une Réserve fédérale déjà confrontée à un dilemme : soutenir l’économie sans raviver l’inflation.
Le dollar américain regagne du terrain face au franc suisse
La publication du PMI n’a pas laissé les marchés de change indifférents. Si le dollar américain (USD) a brièvement accusé le coup, il s’est rapidement redressé face aux principales devises, notamment face au franc suisse (CHF), avec une progression de +0,90 %.
Voici les variations enregistrées dans la journée :
| Devise contre USD | Variation |
|---|---|
| CHF | +0,90 % |
| JPY | +0,67 % |
| EUR | +0,57 % |
| GBP | +0,28 % |
| CAD | +0,29 % |
| AUD | -0,72 % |
| NZD | -0,24 % |
Cette volatilité reflète les attentes contradictoires des investisseurs : d’un côté, la perspective d’un ralentissement économique ; de l’autre, une hausse des coûts qui pourrait maintenir la politique monétaire actuelle plus restrictive encore un certain temps.
La Fed face à un dilemme renforcé par les indicateurs PMI
Dans ce climat, la question des prochaines décisions de politique monétaire se fait pressante. Si certains anticipent une baisse des taux dès juin, les indicateurs liés à l’inflation sous-jacente pourraient convaincre la Fed de prolonger le statu quo. Les données sur l’emploi et les prix dans les services seront particulièrement scrutées dans les prochaines semaines.
Du côté des devises, les analystes techniques restent prudents. L’indice RSI dépassant 75 sur l’EUR/USD et l’ADX franchissant 51 laissent présager une correction technique potentielle, malgré une tendance haussière de fond.
La parité EUR/USD, en zone de plus hauts de trois ans autour de 1,1572, semble encore bénéficier d’un certain appétit des investisseurs. Mais une cassure sous la moyenne mobile des 200 jours, à 1,0762, pourrait inverser rapidement la tendance.











