Un retournement présidentiel qui fait vaciller le billet vert
La séance de mercredi a révélé un dollar américain instable, incapable de conserver les gains engrangés durant la nuit asiatique. L’indice DXY, qui mesure la performance du dollar face à six devises majeures, plafonne à 99,20, loin des 100,00 points symboliques effleurés plus tôt.
À l’origine de cette volatilité, les déclarations de Donald Trump. Mardi soir, le président américain a surpris les marchés en exprimant son intention de maintenir Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale, malgré ses critiques récurrentes sur les taux élevés. Il a également adouci son ton à l’égard de la Chine, évoquant une possible réduction des tarifs douaniers si Pékin accepte de retourner à la table des négociations, rapporte Bloomberg.
Ce revirement perçu comme un geste d’apaisement a fait reculer le dollar, tout en dynamisant les actifs risqués. Les obligations américaines se sont arrachées et les indices boursiers, notamment le Dax allemand, ont bondi de plus de 3 %.
Le marché surveille les PMI et les signaux de la Fed
Le contexte économique reste tendu avec des indicateurs techniques sous surveillance. Les traders attendent les PMI préliminaires de l’indice S&P Global pour avril, attendus à 13h45 GMT. Les attentes tablent sur un repli des services à 52,8 (contre 54,4 précédemment) et une contraction de l’industrie à 49,4 (après 50,2).
En parallèle, plusieurs membres influents de la Fed prennent la parole ce mercredi. Austan Goolsbee (Fed de Chicago), Alberto Musalem (St. Louis) et Christopher Waller sont au programme. Leurs discours pourraient affiner les anticipations autour d’un possible assouplissement monétaire.
D’ailleurs, selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’une baisse de taux dès mai reste marginale (4,8 %), mais celle de juin grimpe à 65,4 %, confirmant un climat d’incertitude.
Analyse technique : le seuil des 100 points reste hors d’atteinte
Les données techniques révèlent un manque de conviction chez les acheteurs de dollar. Le seuil de 99,58 agit actuellement comme première résistance après avoir déclenché un net rejet. Un retour au-dessus des 100,22 marquerait un signal haussier, ouvrant la voie vers les 101,90.
À l’inverse, la zone de soutien à 97,73 devient fragile. Une cassure pourrait entraîner une glissade vers 96,94, voire des niveaux plus bas à 95,25 et 94,56, inédits depuis 2022.
Ce climat technique instable reflète une perception ambivalente du virage diplomatique de l’administration Trump. Si certains y voient une main tendue, d’autres y décèlent une perte de contrôle face à la pression boursière, accentuée par la déroute du début de semaine.











